الخميس، 29 مايو 2008

«De mon pays» Mieux vaut en rire pour ne pas en pleurerpar

Tunis. In Le "Quotidien des livres" le 28 mai 2008«De mon pays»
Mieux vaut en rire pour ne pas en pleurerpar
Mona BEN GAMRA

Un livre coup de cœur. «De mon pays» de Khemais Khayati est écrit d'une encre noire, celle d'un journaliste, avant toute chose un nationaliste, un vrai, qui s'attaque aux vices et rebuts de notre société qui baigne de plus en plus dans l'hypocrisie et s'y plaît.
On découvre ici en Khemais Khayati les qualités d'un chroniqueur et d'un humoriste de talent qui s'ajoutent à celle d'être très indépendant et un peu en marge.

Sans compromis et sans paroles superflues, l'auteur nous lance en pleine figure un écrit qui sert d'examen de conscience où l'humour et la satire sont présents. Khemais Khayati parle abondamment, ironiquement, humoristiquement. Il lance les propos en l'air, enfile les faits sous formes de chroniques les unes excellentes, les autres moins bonnes. Mais, surtout, il garde son pouvoir sur les mots du début jusqu'à la fin. Il parle de choses vraies avec un esprit plaisant qui dévoile les apparences trompeuses de notre société et pour en dégager les aspects insolites ou contradictoires, révélateurs dans tous les cas. A commencer par le «mauvais goût» qui devient un fait culturel, en passant par bien d'autres tares comme la nonchalance, l'indifférence, l'agressivité, la frime et la vulgarité…
Vingt sept courts textes critiques complétés d'un chapitre de photos inédites nous plongent de plain-pied dans «l'humour froid», celui d'un pince-sans-rire, ou encore dans «l'humour grinçant» qui s'exprime dans la cocasserie mais non sans amertume. Les titres en sont déjà révélateurs, «Pauvre M. Bîlîk», «Territoire de poubelles», «Un amour de Chlaka», «Barra hakkaka», «Hâm jou» etc. Il nous parle, à chaque fois, de gens ordinaires, sinon rebutants et dégoûtants comme « Sieur Renard et autres adorateurs de vieilles cruches » ... Ses chroniques sont mémorables pour la manière franche et très crue qu'il a de raconter des faits, de présenter des phénomènes de société comme celui du règne du «Allah Ghaleb», «In Cha' Allah» ou «Idha Hyâna Rabbi» qui «légitiment des dysfonctionnements dans les horaires des trains, des métros, des autobus, des retards apportés à l'exécution des tâches dont dépendent d'autres tâches, des accidents de la route ou d'un pipi en plein jour». On découvre ici un écrit où l'humour noir se lit, à travers les lignes, du premier au second degré. Il ne laisse aucune chance à ceux qui le connaissent bien de chercher très loin de qui et de quelle période il leur parle. Ce n'est pas la peine de se torturer les méninges pour comprendre, le texte étant écrit pour être lu par tous. Et on en rit pour ne pas en
pleurer.
Khémais KHAYATI
Journaliste
Free lance.

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